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Vol. 29, No.10
Édition du 30 mai 2011:
 

Ça y est, c'est désormais officiel !
ArcelorMittal investit massivement à Fermont
Luc Archambault


C'est par un vendredi nuageux que Fermont aura reçu un lot de dignitaires et de journalistes de l'extérieur pour finalement entendre ce que d'aucuns savaient déjà par les fuites des derniers jours : ArcelorMittal investira 2,1 milliards de dollars tant à Fermont qu'à Port-Cartier. Cet investissement permettra à la minière de doubler sa production au Mont-Wright et servira à la construction d'une seconde usine de bouletage à Port-Cartier.

L'annonce a été faite par Peter Kukielski, membre de la direction du groupe corporatif et président du secteur minier d'ArcelorMittal. « La production annuelle de concentré de fer passera de 14 millions à 24 millions de tonnes d'ici 2013, a-t-il mentionné. De plus, nous évaluons la possibilité d'augmenter la production de boulettes de fer de 9,2 millions à 18,5 millions de tonnes. Nous prévoyons investir un total de 2,1 milliards $ canadiens, et ainsi créer 8000 emplois durant la période de construction et 900 emplois permanents par la suite. Nous avons déjà annoncé notre intention d'augmenter à 100 millions de tonnes notre production d'ici 2015 et cette expansion représente une partie majeure de ce plan.»
La compagnie estime que des investissements additionnels de 800 millions $ seront nécessaires jusqu'en 2039 pour le maintien des opérations. De plus, elle estime des coûts d'opérations supplémentaires (soit les salaires, fournitures, contracteurs) de 7,8 milliards $ pour la même période. La région verra donc 8000 emplois s'ajouter pendant la phase de construction (de 2011 à 2014), ainsi que la création de 3000 emplois permanents (directs et indirects) pour la phase opérationnelle (2014 à 2039). Quant aux bénéfices financiers pour le gouvernement du Québec, ils se chiffrent à 1,3 milliards $ en revenus d'impôt supplémentaires, et en 1,8 milliards $ en revenus de droits miniers additionnels.

Le premier ministre Jean Charest était d'ailleurs visiblement fier lorsqu'il a pris le micro. « Je suis très heureux de participer à cet événement historique pour le Québec, pour la région, ainsi que pour Fermont. Cet important projet s'inscrit dans le Plan Nord. Celui-ci va permettre de créer ou de consolider, en moyenne, 20 000 emplois par année. Il va se traduire par des revenus de 14 milliards $ pour le gouvernement et la société québécoise. Aujourd'hui, c'est la création de 900 emplois permanents directs qui se concrétise, de même que la construction de nouveaux logements et de nouvelles infrastructures de transport, d'alimentation en énergie du Mont-Wright et d'une deuxième usine de bouletage à Port-Cartier. Il s'agit d'un important essor économique et social pour la région, » a-t-il affirmé.

La vice-première ministre, ministre des Ressources naturelles et de la Faune et ministre responsable du Plan Nord, Nathalie Normandeau, était aussi sur place. « Monsieur Mittal et les dirigeants de la compagnie ont bien compris l'immense potentiel du Nord québécois. Ils investissent dans les infrastructures et les communautés de Fermont et de Port-Cartier. Ils sont alignés sur le modèle d'affaires novateur du Plan Nord et respectent les principes de développement durable que nous mettons de l'avant. Les investissements annoncés aujourd'hui font d'ArcelorMittal un acteur de première importance dans la mise en œuvre du Plan Nord, » a-t-elle précisé.

Cette grande annonce n'aurait été complète sans la présence du ministre délégué aux Ressources naturelles et de la Faune, et ministre responsable de la région de la Côte-Nord, Serge Simard. Celui-ci a conclu les interventions gouvernementales en mentionnant que « le développement de nos ressources minérales occupe une place essentielle dans l'économie de nos régions, notamment sur le territoire de mise en œuvre du Plan Nord. Ce projet d'envergure viendra générer un nombre considérable d'emplois sur la Côte-Nord, en plus d'offrir aux communautés locales la possibilité d'occuper dynamiquement et fièrement leur territoire. L'investissement d'ArcelorMittal et ses retombées seront un véritable moteur de développement économique et de création de richesse pour toute la région.»

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Réaction de la mairesse à l'annonce d'ArcelorMittal
Un projet porteur pour notre avenir !
Luc Archambault


C'est une Lise Pelletier tout sourire qui s'est présentée au micro lors de l'événement organisé par ArcelorMittal, en présence du premier ministre Jean Charest, de la vice-première-ministre Nathalie Normandeau et du ministre responsable de la Côte-Nord Serge Simard, ainsi que de Peter Kukielski, président du secteur minier d'ArcelorMittal.

Dire qu'elle jubilait sur scène serait minimiser l'événement. Elle qui a tant à cœur l'avenir de Fermont voyait ainsi des mois, voire des années, de travail ardu enfin récompensés. « Ce projet d'expansion est des plus prometteurs pour l'avenir de notre ville. Il s'inscrit à sa façon dans la mise en œuvre du Plan Nord qui reconnaît clairement l'importance et le pouvoir d'attraction du Nord québécois. J'ai toujours cru au Plan Nord et je suis heureuse de constater que notre municipalité et notre région en retirent des bénéfices. Notre patience est récompensée et nos efforts des dernières années ont porté leurs fruits » a-t-elle affirmé d'emblée.

Elle a tenu à préciser l'importance du partenariat pour l'avenir de la ville ; partenariat avec les gouvernements provincial et fédéral, mais aussi avec les entreprises établies sur le territoire fermontois. « Il importe de multiplier ce genre d'investissements, à plus petite ou grande échelle, afin d'offrir la meilleure qualité de vie aux citoyens. D'autres grands dossiers nous attendent et c'est dans un esprit de collaboration qu'il faut les aborder.»

Madame Pelletier a tenu à rappeler à ses hôtes gouvernementaux que cette expansion au complexe minier du Mont-Wright devra entraîner nécessairement avec elle la réalisation de nouvelles infrastructures pour subvenir aux besoins d'une population en voie de s'accroître, soit les logements, garderies et la route 389. « Nous sommes réellement sur la bonne voie afin de planifier un développement durable de notre coin de pays. La mobilisation de tous les acteurs ne peut qu'être bénéfique pour nous et pour l'ensemble du Québec, » a-t-elle conclu. Suite à quoi, en période de questions, le premier ministre Charest a promis pour bientôt la visite du ministre des Tansports Normand McMillan à Fermont avec des annonces pour la 389.

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Le Plan Nord : présentation
Le legs du gouvernement Charest

Luc Archambault

S'il faut en croire les prémisses, le Québec s'apprête à vivre un nouveau grand projet, de l'envergure de la Manicouagan et de la Baie-James, une nouvelle ruée vers le Nord et ses vastes étendues, ressources inexploitées, sources incommensurables de richesse. Mais qu'en est-il sur papier ?

Le Plan Nord est consultable, soit en version courte (27 pages), ou en version longue (157 pages). Vous trouverez la première au http://www.plannord.gouv.qc.ca/documents/faits-saillants.pdf, ou la version longue au http://www.plannord.gouv.qc.ca/documents/plan-action.pdf. Comme il s'agit d'un document séminal, à longue portée et à long terme, il contient peu de détails. Une belle vision quasi-utopique, où tout est réglé sans problème, où les marchés mondiaux restent au beau fixe, et les capitaux volent comme par synergie (le mot comptable pour comme par magie).
Le premier chapitre se concentre justement sur la vision derrière le Plan Nord, de sa conception à sa mise en pratique. Il parle d'une terre propice aux investissements, à la possibilité de partenariats novateurs, à la priorisation des retombées locales et régionales, ainsi qu'à l'adaptation nécessaire des règles, normes et programmes gouvernementaux face à la réalité nordique.

Le second aborde l'aspect communautaire, visant à assurer le mieux-être et le développement des communautés nordiques. L'on y touche à l'évolution démographique particulière au Nord, à l'éducation, à la main-d'œuvre, au logement, à la santé et aux services sociaux, ainsi qu'à la culture.

Le troisième chapitre traite du potentiel économique du Nord québécois. Les différents atouts y sont explorés, soit les ressources énergétiques, minérales, forestières, fauniques. Et le chapitre se termine sur l'exploration du potentiel touristique et de la production bioalimentaire. Le quatrième chapitre traite quant à lui de l'accessibilité du Nord, par le développement des réseaux de transports ainsi que les infrastructures de télécommunications.

Le cinquième chapitre aborde la question de la protection de l'environnement. On y traite des moyens pour assurer des évaluations environnementales efficaces, ainsi que des engagements pour assurer la conservation de la biodiversité (soit en consacrant la moitié du Plan Nord à des fins autres qu'industrielles, à la protection de l'environnement et à la sauvegarde de la biodiversité, soit par la complétion du réseau d'aires protégées).
Le dernier chapitre traite du cadre financier du Plan Nord, du moins lors de sa phase initiale (2011-2016). On y aborde la création du Fonds du Plan Nord, le plan d'action initial, qui compte des investissements de 1,625 milliards $, ainsi que la prise de participation de la part d'Investissement Québec.

Le Plan Nord est couronné par une brève conclusion d'une page, où toutes les généralités qui y servent de source s'y retrouvent. « Le Plan Nord est porteur d'avenir. La volonté du gouvernement est, qu'à terme, le Québec devienne une référence internationale en matière de développement nordique durable. » Sauf qu'à trop cultiver les bons sentiments au lieu de semer des projets concrets, le Plan Nord pèche par trop de bonne volonté et pas assez de viande autour de l'os. Déjà, l'idéal d'une « vision rassembleuse et consensuelle » semble n'être qu'un vœux pieux.

Quant au bien-être des communautés, s'il faut se fier au développement de Fermont, il y a lieu de craindre que le gouvernement ne reprenne bien vite son rôle réactif plutôt que de mener la charge en occupant l'avant-scène. Il y a certes de quoi vanter la patience et la ténacité de la mairesse dans ce(s) dossier(s) pour le moins épineux.

 

 

 
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