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Centre d'interprétation de Fermont
Vous avez dit Phénix?
François Trahan
Phénix : Oiseau fabuleux de la mythologie égyptienne. Comme la légende lui attribuait le pouvoir de renaître de ses propres cendres, il devint le symbole de l'immortalité (Larousse).
Fin décembre 2009, Placements Monfer met fin au bail locatif du centre d'interprétation situé près de la boutique Margin'elle. Juste avant le congé des fêtes, un mois pour vider les lieux. Avec le délai exigé et le contexte riche en vacances de toutes sortes, la marge de manœuvre était assez réduite. Néanmoins, une solution fut trouvée et l'on a pu réaménager le centre dans l'ancienne tabagie, face à l'hôtel et le restaurant Dyailo. Cette opération aura exigé plusieurs semaines de travail bénévole.
La saison 2010 du centre d'interprétation était, en quelque sorte, le moment de vérité pour ce genre d'installation à Fermont. On souhaitait, à moyen terme, fusionner le bureau d'information touristique avec le centre et permettre ainsi la mise en place d'un plan de développement sur trois ans. Déjà, nous avions la possibilité d'ouvrir le centre sur une base régulière et surtout, de lui donner une visibilité qui lui avait cruellement fait défaut depuis sa création. Les visiteurs furent nombreux et impressionnés, les gens de terrain n'auront rien ménagé pour rendre le projet viable mais quoiqu'il en soit, l'argent a parlé et la volonté politique aura cruellement fait défaut. Le centre, avec un bail au mois, est resté dans une situation de vulnérabilité. Sans surprise, Placements Monfer, ayant trouvé preneur pour l'ancienne tabagie, s'est empressé de signifier un avis d'expulsion au centre d'interprétation. Même scénario que l'année précédente à pareille date. D'autant plus que cette fois-ci, il n'y avait pas d'alternative en vue. Même pas de lieux d'entreposage.
Il est clair, aujourd'hui, que Fermont est plus à l'argent qu'à sa culture. Il semble que les nouveaux arrivages n'ont que faire de l'histoire d'un lieu qui ne représente rien de plus qu'une opportunité d'affaire dont est exclue toute notion relative à la qualité de vie. Qu'à cela ne tienne…
Le démantèlement du centre était bien avancé. Une benne à dechets était prévue pour le vendredi matin. Le jeudi, en fin de journée, quelques personnes ayant le cœur à la bonne place ont fait en sorte que le centre d'interprétation a, une fois de plus, évité la casse. Il était moins une.
Une série d'appels téléphoniques entre Serge Côté, de l'ATF, Isabelle Tremblay, du CLD, Sylvie Pigeon et Chantal Proteau de la commission scolaire, a sauvé les meubles. Le centre d'interprétation est relocalisé dans une classe du niveau primaire. La tente de prospecteur n'aura pas fait le voyage mais tout le reste est en place dans une configuration tout à fait fonctionnelle. On doit préciser qu'il ne sera pas ouvert au public mais qu'il sera accessible aux élèves du primaire et du secondaire. Il est clair, dans l'esprit des intervenants, que l'objectif de cette opération est de rendre le centre accessible au public dès que possible.
On se souviendra qu'à l'origine du centre, il y avait deux expositions réalisées par le Musée régional Côte-Nord. « 100 ans de sueur et de roc » de même que « Pierre de lune, pierre de neige, pierre de fer, sur la traces d'Henry de Puyjalon et Albert P. Low » auront coûté au total 155,000 $ à produire. Elles portent sur la prospection et le développement de la Côte-Nord et de la fosse du Labrador. Le manque d'espace de remisage avait conduit le Musée à les offrir à l'Association touristique de Fermont, le Club photo Caniapiscau et le CLD afin de mettre sur pied le centre et une salle d'exposition en 2003. Il serait logique que ceux qui profitent le plus du contexte actuel contribuent à la survie du patrimoine local.
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