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Élisapie Isaac en spectacle
De la froidure à l'amour
Luc Archambault
Peut-être que les activités concurrentes (divers soupers-party de St-Valentin) y furent pour quelque chose ; peut-être le froid glacial de ce samedi soir a-t-il eu raison de la volonté de sortir. Quoi qu'il en soit, c'est devant une salle conquise d'avance d'une cinquantaine de personne que s'est présentée Élisapie Isaac, qui, en grande âme, n'a fait que remarquer le caractère intime de ce concert, tenu le 12 février.
Venant de Saluit, au Nunavik, cette portion inuite du nord québécois, elle a d'entrée de jeu salué le caractère nordique de Fermont. Accompagnée de seulement deux musiciens, ses mélodies ont su mettre en valeur sa voix de velours, et la musique, sans jamais prendre la place de sa voix suave et chaude, est restée teintée d'un lyrisme accompli. Bravo aux deux acolytes, de véritables virtuoses à la guitare, la basse, le piano/synthétiseur et la batterie électrique, ainsi qu'aux accompagnements vocaux
Élisapie Isaac a chanté toutes les pièces de son CD There will be stars, hormis une nouveauté. Elle n'a aucunement évoqué sa collaboration au duo Taïma, ce qui est un peu dommage. D'autant plus que son répertoire, à forte majorité anglophone (huit chansons), trois en inuktituk et une seule en français (la sublime Moi, Elsie, dont les paroles sont signées par Richard Desjardins sur une musique de Pierre Lapointe) aurait peut-être profité de mieux refléter la composition de son auditoire.
On la sent près de conquérir l'Amérique anglophone. En toute simplicité, en restant elle-même, on lui souhaite la meilleure des chances. De toute manière, elle possède, tout comme Superman, sa forteresse de solitude dans le Grand-Nord, son oasis de réalité et de ressourcement. Espérons seulement qu'entre Saluit et New-York, elle n'oublie pas le Québec et ses racines francophones…
Crédit photo : François Trahan
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