Smokey Mountain
«Ça passe ou ça casse»
Mickaël Bergeron
La situation devient de plus en plus critique pour la station de ski Smokey Mountain de Labrador City. Les responsables ont reçu l’évaluation des travaux nécessaires aux remonte-pentes et la facture s’annonce salée. Et ce n’est pas la seule problématique de la station. Est-ce la fin de la station de ski à l’aube de ses 50 ans?
Au moment de mettre sous presse, une importante réunion n’avait pas encore eu lieu. Le 16 septembre, les responsables de la station de ski rencontraient les minières et des représentants gouvernementaux afin de statuer sur l’avenir de la montagne. « Le 16 septembre, on va savoir si ça passe ou ça casse », racontait alors Alain Frappier, quelques jours avant la réunion.
Rénovations
D’une part, la station de ski fait face à des équipements désuets. Une firme spécialisée est venue évaluer le coût des rénovations pour les remonte-pentes. Selon cette firme, il en coûterait un million de dollars. Une somme astronomique pour le budget de la station.
« Peut-être devrions nous alors les détruire et en acheter des usagées, mais en bon état », réfléchit tout haut Alain Frappier, président du conseil d’administration de Smokey Mountain. Il croit qu’il doit exister des solutions moins onéreuses pour la station de ski, en citant en exemple les équipements d’une station de ski du Bas-Saint-Laurent liquidée pour moins de trois-quarts de million.
Relocalisation
En plus des difficultés financières, l’accès à la montagne est lui aussi tout aussi incertain. La minière IOC, dans son plan de développement, souhaite à moyen et long terme se rapprocher de la montagne. « La montagne ne disparaîtra pas, mais la fosse serait adjacente à la face nord », détaille M. Frappier. La station ne pourrait plus être dans le secteur, vu les risques que représente la proximité.
Cette incertitude freine du coup l’aide gouvernementale. Un gouvernement n’accorderait pas, en effet, un budget pour une station de ski pouvant se faire déloger à moyen terme. « Il y a une avenue de relocalisation, mais ça serait à long terme. Il faudrait des millions demain matin pour avoir une nouvelle station de ski rapidement », avance le président du conseil d’administration.
Effets néfastes
La perte de la station de ski serait catastrophique selon Alain Frappier. La station est un plus pour la région, qui, doit-on le rappeler, vit près de huit mois d’hiver. Selon plusieurs utilisateurs de la station de ski, celle-ci devrait être autant prioritaire que l’aréna ou la piscine, un service sportif essentiel. Particulièrement avec l’arrivée des nouvelles jeunes familles. Présentement, il y a environ 250 membres à la station, dont la moitié sont de Fermont. |